Le saviez-vous ? « Ça zigouille ou ça bousille ? »
Pendant la Première Guerre mondiale de nouveaux mots font leur apparition au sein des troupes et viennent enrichir le vocabulaire des militaires. Le symbole de cette évolution du langage est le terme « poilu ». Utilisé au XIXe siècle comme synonyme de « courageux » et « d’énergique », cet adjectif passa rapidement dans le langage courant pour désigner les soldats des tranchées. Ce jargon argot des tranchées se composait en grande partie d’argot militaire, de termes coloniaux, du parler parisien, et des patois régionaux. Certains mots ou expressions ont traversé les décennies et font aujourd’hui parties de notre langage courant. D’autres ont disparu avec le conflit, ou encore ont changé de sens.
A l’occasion du Centenaire de la bataille de Verdun, la rédaction vous propose découvrir ou redécouvrir l’origine de ces mots et expression. Aujourd’hui, la rédaction vous explique les verbes « zigouiller » et « bousiller » nés pendant la Grande Guerre.
Les Poilus ont emprunté de nombreux mots aux patois des différentes régions de France. Parmi ces mots on retrouve le verbe « zigouiller ».
Ce verbe provient du midi où « sego » désigne la scie. Le verbe « segoïa » voulait dire « mal scier ». Le terme remonte ensuite vers le nord. En Poitou « zigouiller » signifie couper avec un mauvais couteau. Dans l’Anjou, « zigailler », c’est couper avec un mauvais outil, en déchiquetant. Et enfin à Paris, dans l’argot du gang des Apaches, ces petits voyous et truands parisiens de la Belle Époque, « zigouille » signifie trancher la gorge, tuer à coup de couteau. Ce terme s’est ensuite diffusé dans le vocabulaire des soldats de la Grande Guerre avec le sens de tuer ou blesser avec le sabre ou la baïonnette, avec arme blanche.
« Zigouiller » se distingue du verbe « bousiller », lui aussi fréquemment utilisé par les Poilus.
« Bousiller », provient de l’argot des maçons, pour qui bousiller signifie construire en torchis. Ce verbe a pris au XVIIe siècle le sens de mal construire ou d’endommager puis fin XIXe siècle celui de tuer. Pendant la Première guerre mondiale ce verbe est utilisé sous la forme passive : « être bousillé ». Cela signifie être tué et plus précisément être pulvérisé par une explosion d’obus.

