Le saviez-vous ? « un petit coup de gnôle ? »
Pendant la Première Guerre mondiale, de nouveaux mots font leur apparition au sein des troupes et viennent enrichir le vocabulaire des militaires. Le symbole de cette évolution du langage est le terme « poilu ». Utilisé au XIXe siècle comme synonyme de « courageux » et « d’énergique », cet adjectif passa rapidement dans le langage courant pour désigner les soldats des tranchées. Ce jargon argot des tranchées se composait en grande partie d’argot militaire, de termes coloniaux, du parler parisien, et des patois régionaux. Certains mots ou expressions ont traversé les décennies et font aujourd’hui parties de notre langage courant. D’autres ont disparu avec le conflit, ou encore ont changé de sens.
A l’occasion du Centenaire de la bataille de Verdun, la rédaction vous propose découvrir ou redécouvrir l’origine de ces mots et expression. Aujourd’hui, la rédaction vous explique l’origine du mot « gnôle ».
Gnôle, gniole, gnaule ou niole… Il est certain qu’après avoir consommé plusieurs verres d’eau de vie, on ait du mal à orthographier ce terme.
Le mot « gnôle » appartient au vocabulaire de la fin du XIXe siècle. Il semble que ce terme provienne de la région lyonnaise. Il est peut être issu du mot niais (parce que l’alcool rend stupide) ou est une aphérèse de torniole (coup violent).
Le terme argotique s’est ensuite diffusé dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. La gnôle désignait l’eau de vie distribuée aux soldats, comme réconfort, récompense pour des actions courageuses ou encore pour les motiver afin de monter au combat. « La gnôle réchauffait quand on avait froid, soutenait quand on avait faim, réveillait quand on était las; cela remplaçait le pain, la viande, le charbon, le repos », raconte Roland Dorgelès, dans Les Croix de bois, en 1919.
Par ailleurs, à l’époque, on pensait que l’alcool avait des propriétés revigorantes et fortifiantes. L’absorption d’alcool était considérée comme un indice de virilité.
D’autres termes sont également utilisés, comme le cric par comparaison avec le remontant, le casse-pattes, le Schnick, ou encore le casse-poitrine.
Du jargon militaire, gnôle s’est ensuite répandu dans tous les milieux où il est encore en usage de nos jours.

